Spilimbergo: childhood and regional identity

Article written by Jacopo Giraudo, in French and Italian.

Porcia, a 40 km da Spilimbergo, in Friuli-Venezia Giulia – Photo by Loris Tissino on Unsplash

Spilimbergo : l’enfance et l’identité régionale

Dans la chaleur d’un midi de juin, la dernière sonnerie de cloche annonçait la fin de l’école. Tandis que mes camarades criaient, heureux de quitter le bâtiment blanc dans lequel nous avions passé deux cents jours ensemble depuis le mois de septembre, je restais quant à moi silencieux, observant ce qui se passait autour de moi. Je ne comprenais pas pourquoi ces cris enfantins étaient nécessaires. Le vrai sentiment de joie qui m’était vraiment personnel viendra plus tard. Il fallait encore que j’attendisse une dizaine de minutes. De retour chez moi, j’allais dans mon ancienne chambre, celle du premier étage, où j’aurais posé mon sac à dos d’un geste lent et scénique. Pendant que le poids se déchargeait doucement de mes épaules, toutes les heures que j’avais passé assis sur un banc à regarder le tableau noir disparaissaient instantanément. Laisser le sac à dos pour les trois mois suivants : quel bonheur ! 

Mais en quelques jours, il m’aurait fallu préparer un nouveau sac pour partir en vacances, plein de livres et de bandes dessinées. La destination du mois de juin était toujours la même : Spilimbergo, en province de Pordenone et en région Frioul-Vénétie Julienne, la ville d’où venait mon grand-père maternel. Ce voyage était l’occasion de passer d’un coin à l’autre du Nord de l’Italie, de l’extrême Ouest à l’extrême Est, six cents kilomètres d’autoroute que je connaissais presque par cœur, y compris les noms des embranchements de villes jamais visitées. Nous partions à des heures différentes, parfois à six heures du matin, parfois à cinq heures et demie de l’après-midi, selon les théories de mon père sur l’affluence routière. 

L’expédition était une sorte de « retour aux origines familiales ». Elle durait environ six heures, pendant lesquelles je lisais, imaginais mon avenir en regardant par la vitre et planifiais mon emploi du temps pour la semaine à venir. Quand nous arrivions, la maison de mon grand-père apparaissait, froide au milieu de la campagne. Enfant, trop habitué au confort de la ville, je n’aimais la vie rurale que sur le papier : la vie dans la réalité se révélait dans son grand désagrément. Et pourtant, tout cela était oublié lorsque j’avais la chance de visiter le centre de la ville de Spilimbergo. Bien qu’elle n’eût que douze mille habitants, il s’agissait pour moi d’une rencontre importante avec une culture et un  mode de vie différents de ceux auxquels j’étais habitué. La perception différente était due à la fois à la géographie du lieu et à l’utilisation démesurée du dialecte par ses habitants. 

Spilimbergo se présente comme une ville typique qui a traversé la domination vénitienne au fil des siècles. L’architecture et le tracé des rues évoquent des modèles caractéristiques de la région, de la forme des fenêtres des bâtiments aux murs qui défendaient des entrées non désirées. De plus, comme elle abrite une école historique de mosaïque, un métier dont mon grand-père a maîtrisé l’art de façon extraordinaire tout au long de sa vie, la ville est parsemée d’œuvres d’une immense valeur, qui fascinent par leur beauté intemporelle, cristaux de pierre et émotions. Tout cela me fascinait, car il me faisait découvrir à chaque fois un coin, un détail que je n’avais pas pu saisir l’année précédente. 

À Spilimbergo, une autre chose qui me frappait et me troublait profondément était l’utilisation constante du dialecte. L’italien y était une langue secondaire.

Je me souviens quand, vers l’âge de dix ans, j’ai été autorisé à faire une balade à vélo en solitaire. Je suis parti seul sur la bicyclette quelque abîmée et j’ai exploré les rues du centre, en m’arrêtant pour regarder les géométries qui m’entouraient et pédalant de toutes mes forces, je voulais paraitre un grand cycliste dans la montée qui relie le fleuve Tagliamento à la cathédrale. Je me sentais à la fois dans un lieu familier et étranger, comme si je ne pouvais saisir que jusqu’à un certain point l’essence de ce lieu, fille d’une identité locale autre que celle à laquelle j’étais habitué. 

À Spilimbergo, une autre chose qui me frappait et me troublait profondément était l’utilisation constante du dialecte. L’italien y était une langue secondaire : les gens échangeaient sur tous les sujets en frioulan. C’était une façon différente de s’exprimer, loin de la manière dont je parlais. Et pourtant, pour essayer de mieux entrer dans les conversations, je me retrouvais chaque année à suivre un cours intensif et accéléré de frioulan d’une semaine seulement. Ainsi, après de nombreuses et longues expériences, j’ai pu comprendre ce que les gens du pays disaient. La réelle épreuve de vérité de mes progrès était mon exubérante voisine, capable de vous étouffer de ses câlins sans fins. Son langage étroit et hostile, accentué par la vie dans la campagne, donnait des sons étrangers qui fascinaient, mais étaient le plus souvent incompris. Quand je réussissais à répondre, en italien bien sûr, à une de ses blagues en frioulan, je pouvais me sentir satisfait de moi-même. 

Cette semaine passée chaque année à Spilimbergo a profondément marqué mon caractère et ma personnalité pour de nombreuses raisons. Tout d’abord, les vacances dans le contexte frioulan garantissaient la tentative de comprendre que parler d’identité nationale en se référant au contexte italien est un exercice sans logique. La culture varie d’une ville à l’autre, et affronter ces six cents kilomètres de route équivalait à faire un voyage presque infini dans une autre dimension que celle à laquelle j’étais habitué. Grâce à mes origines en partie frioulanes, j’ai compris la beauté de la diversité, de sentir sur sa propre peau de nombreux niveaux d’identité en même temps. Même si je n’ai jamais vécu là-bas, le Frioul-Vénétie Julienne et, en particulier, Spilimbergo font partie de moi. Les sept jours passés loin de chez moi, chaque année au même lieu, m’ont révélé la valeur du sentiment d’être profondément liés à une région, à une spécificité territoriale. 

Le Frioul a la particularité de réaffirmer qu’il peut exister une identité locale qui ne doit pas être lue comme une déviation d’une normalité supposée, mais comme un point fort de sa propre personnalité. Dans la région, on perçoit donc la pertinence de la définition individuelle et collective à travers le paysage et surtout le dialecte. Ce qui, en d’autres lieux, est vécu comme une imperfection, une divergence par rapport à l’ordinaire, devient un élément de distinction, des éphélides sur le visage qui ne se cachent plus et se révèlent dans toute leur beauté. 

Spilimbergo: l’infanzia e l’identità regionale

Sotto il caldo di un mezzogiorno di giugno, l’ultimo trillo della campanella annunciava la fine della scuola. Mentre le mie compagne e i miei compagni urlavano, felici di abbandonare l’edificio bianco nel quale avevamo trascorso duecento giorni insieme a partire dal settembre precedente, io restavo in silenzio, attento a osservare che cosa capitasse intorno a me. Non riuscivo a comprendere il motivo della necessità di quelle grida: per me il vero senso di gioia sarebbe arrivato in seguito. Avrei dovuto aspettare ancora una decina di minuti. Rientrato a casa, infatti, mi sarei recato nella mia vecchia stanza, quella al primo piano, dove avrei deposto con un gesto lento e scenico lo zainetto. Mentre il peso si scaricava dolcemente dalle spalle, se ne andavano contemporaneamente tutte le ore trascorse seduto su un banco, a fissare la lavagna. Lasciare lo zaino per i successivi tre mesi: quella sì che era la contentezza! 

Nell’arco di qualche giorno, tuttavia, mi sarei dovuto rimettere a preparare una nuova borsa, carica di libri e fumetti, per andare in vacanza. La meta di giugno era sempre la medesima: Spilimbergo, provincia di Pordenone, regione Friuli-Venezia Giulia, la cittadina di provenienza di mio nonno materno. Il viaggio era un’occasione per spostarsi da un capo all’altro del Nord Italia, dall’estremo Ovest all’estremo Est, seicento chilometri di via autostradale che conoscevo pressoché a memoria, compresi i nomi degli svincoli verso città mai visitate. Si partiva a orari sempre diversi, talvolta alle sei del mattino, altre alle cinque e mezza del pomeriggio, a seconda delle teorie di mio padre sul traffico che avremmo potuto incontrare. 

La spedizione, una sorta di “ritorno alle origini familiari,” durava circa sei ore, durante le quali leggevo, immaginavo il mio futuro osservando al di là del finestrino e progettavo gli impegni che avrei avuto nella settimana che andava cominciando. Arrivati, la casa di mio nonno compariva, fredda, in mezzo alla campagna. A me, bambino abituato agli agi cittadini, la vita rurale piaceva soltanto sulla carta: vissuta nella realtà si rivelava nella sua grande scomodità. Eppure tutto ciò veniva meno nel momento in cui avevo la possibilità di visitare il centro della città di Spilimbergo. Pur avendo soltanto dodicimila abitanti, per me rappresentava un importante incontro con una cultura e un modo di vivere differenti da quelli a cui ero abituato. La diversa percezione era dovuta sia alla geografia del luogo sia all’utilizzo smodato del dialetto da parte dei suoi abitanti. 

Il Friuli ha la peculiarità di ribadire che può esistere un’identità locale che non dev’essere letta come deviazione da una presunta normalità, bensì come punto di forza della propria personalità.

Spilimbergo si presenta come una classica città che ha attraversato il dominio veneziano nel corso dei secoli. L’architettura e l’impostazione delle strade evocano modelli tipici della regione, a partire dalla forma delle finestre dei palazzi fino ad arrivare alle mura che difendevano da ingressi indesiderati. Inoltre, essendo sede di una storica scuola di mosaico, mestiere di cui mio nonno ha padroneggiato straordinariamente l’arte per tutta la vita, è costellato di opere di immenso valore, che affascinano per la loro bellezza atemporale, cristalli di pietra e di emozioni. Tutto ciò mi affascinava, in quanto mi faceva scoprire ogni volta un angolo, un dettaglio che l’anno precedente non ero stato capace di cogliere. 

Ricordo quando, verso i dieci anni, mi venne concesso di uscire per un giro in bicicletta in solitaria. Partii da solo sul mezzo bi-ruote decisamente malmesso ed esplorai le vie del centro, fermandomi a guardare le geometrie che mi circondavano e scattando velocemente, fingendomi un grande ciclista sulla salita che collega il fiume Tagliamento al duomo. Mi sentivo al tempo stesso in un luogo familiare ed estraneo, come se potessi cogliere soltanto fino a un certo punto l’essenza di quel luogo, figlia di un’identità locale diversa da quella a cui ero abituato. 

Il secondo elemento che mi colpiva profondamente e disturbava al contempo era l’utilizzo costante del dialetto. L’italiano era una lingua secondaria: ogni scambio, ogni singola battuta tra persone avveniva in friulano. Si trattava di un modo di esprimersi differente, lontano dalla mia maniera di parlare. Eppure, per cercare di entrare meglio nelle conversazioni, ogni anno mi ritrovavo a subire mio malgrado un corso intensivo e accelerato di friulano di una sola settimana. Così, dopo lustri di esperienza, divenni capace di comprendere cosa venisse detto dalle persone del luogo. La vera cartina di tornasole dei miei progressi era l’espansiva vicina di casa, capace di soffocarti con interminabili abbracci non richiesti. La sua parlata stretta e ostica, accentuata dalla vita in campagna, regalava suoni estranei che affascinavano, ma che perlopiù risultavano incompresi. Nel momento in cui riuscivo rispondere, in italiano ovviamente, a una sua battuta in friulano, potevo ritenermi soddisfatto di me stesso. 

Quella settimana trascorsa ogni anno a Spilimbergo ha segnato profondamente il mio carattere e la mia personalità per numerosi motivi. In primo luogo, villeggiare nel contesto friulano garantiva la possibilità di comprendere che parlare di identità nazionale riferendosi al contesto italiano è una forzatura priva di logica. La cultura varia di città in città, e affrontare quei seicento chilometri di strada equivaleva a percorrere un viaggio pressoché infinito in un’altra dimensione a quella a cui ero abituato. Grazie alle mie origini in parte friulane, ho compreso l’importanza della bellezza della diversità, del sentire al tempo stesso sulla propria pelle numerosi livelli identitari. Anche se non vi ho mai vissuto, il Friuli-Venezia Giulia e, in particolare, Spilimbergo sono una parte di me. I sette giorni passati lontano da casa, ogni anno nello stesso luogo, mi hanno rivelato il valore del sentirsi profondamente connessi con una regione, con una specificità territoriale. 

Il Friuli ha la peculiarità di ribadire che può esistere un’identità locale che non dev’essere letta come deviazione da una presunta normalità, bensì come punto di forza della propria personalità. Nella regione si percepisce, perciò, la rilevanza della definizione individuale e collettiva attraverso il paesaggio e soprattutto il dialetto. Ciò che in altri luoghi è vissuto come un’imperfezione, una divergenza dall’ordinario, diventa un elemento di distinzione, delle efelidi sul viso che non vengono nascoste, bensì si rivelano in tutta la loro bellezza. 

Jacopo Giraudo

Article published on May 2020

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