Belgian, Dutch or Flemish? Searching for a Lingua Franca in Multilingual Flanders

Article written by Stef Borgers, in French and English.

Bruges, Flanders, Belgium – Photo by Dan Visan on Unsplash

Belge, néerlandais ou flamand ? À la recherche d’une lingua franca dans la Flandre multilingue

Essayer de comprendre la Belgique est un exercice complexe. Le pays est spécial à bien des égards, par exemple pour avoir choisi un petit bonhomme qui fait pipi comme l’un de ses symboles nationaux, pour avoir battu le record du monde de la plus longue période sans gouvernement et pour avoir une structure étatique dont la compréhension nécessite des études politiques ou juridiques avancées. Avec ses trois régions (Bruxelles-Capital, flamande et wallonne), trois communautés (flamande, germanophone et wallonne), trois langues officielles (allemand, français et néerlandais), les Belges vivent dans un système fédéral multilingue unique. La (mauvaise) communication – ou l’absence de communication – entre les différentes communautés linguistiques est source de nombreux problèmes, dont au moins une ignorance naturelle de ce qui se passe au-delà des frontières linguistiques. En guise de compromis, certaines personnes utilisent l’anglais pour communiquer avec celles qui sont originaires d’autres communautés linguistiques. Un exemple célèbre à cet égard est celui des Diables Rouges, l’équipe nationale de football belge. Cette contribution se concentrera sur la Flandre et la quête de ses citoyens à trouver une langue pour communiquer entre eux et avec les personnes originaires d’autres communautés belges.  

Entre le patois et le néerlandais généralisé 

La Flandre (Vlaanderen) contribue largement à la situation linguistique difficile de la Belgique. Cette région et communauté monolingue, située géographiquement dans le nord du pays, compte plus de 6,5 millions d’habitants. Elle se distingue généralement (de manière inadéquate) des autres communautés et régions belges par sa langue. Les Flamands, c’est-à-dire les personnes vivant en Flandre, parlent officiellement le néerlandais. Cependant, beaucoup de gens se réfèrent au flamand pour décrire la langue officielle de la Flandre plutôt qu’au néerlandais. Ils se concentrent ici sur la différence d’accent entre la langue parlée en Flandre et aux Pays-Bas. Constitutionnellement parlant, cette distinction n’est pas pertinente car la langue officielle est le néerlandais et les deux territoires partagent la même langue standard. Dans la pratique, de nombreuses personnes apprenant le néerlandais rencontrent des difficultés considérables pour comprendre la population locale d’un village, d’une ville ou d’une province particulière. Cela peut s’expliquer par la présence de deux variantes linguistiques du néerlandais : les patois et la langue entre les deux (tussentaal). 

La langue entre les deux est un phénomène typiquement flamand et concerne un registre linguistique situé entre les patois traditionnels et le néerlandais généralisé. Dans les années 90, elle a commencé comme langue utilisée dans les conversations informelles. Aujourd’hui, c’est une langue informelle suprarégionale très répandue qui est utilisée dans une grande variété de contextes formels et informels. L’évolution vers la langue intermédiaire est traditionnellement considérée avec beaucoup de suspicion. Cependant, elle doit être considérée comme une étape intermédiaire logique dans l’évolution des dialectes locaux vers le néerlandais généralisé. Comme dans de nombreux pays, les changements démographiques et sociologiques des dernières décennies ont entraîné des évolutions majeures, comme l’utilisation générale de la langue par la population flamande. Non seulement la Flandre est passée d’une région rurale à une région très urbanisée et densément peuplée, mais elle a également créé les conditions permettant à ses citoyens de se rendre facilement dans d’autres parties de la région et au-delà. En conséquence, les jeunes générations ne ressentent plus le besoin de continuer à parler le dialecte local auquel les générations précédentes ont adhéré. 

En Flandre, la langue est devenue une composante importante de l’identité flamande et un point de discorde majeur entre les partis politiques.

Cependant, de nombreux Flamands ne se sentent pas non plus d’affinité avec le néerlandais généralisé. Contrairement à d’autres langues, le néerlandais s’est historiquement développé par écrit plutôt qu’oralement. L’absence de normalisation historique concernant les résultats de la langue néerlandaise est une meilleure connaissance générale du néerlandais écrit au détriment de l’équivalent oral. De plus, les gens associent le néerlandais généralisé à quelque chose qui leur a été imposé par le processus de normalisation du XXe siècle plutôt qu’à une langue qui s’est développée organiquement au fil du temps. Paradoxalement, le néerlandais est, au moins partiellement, une langue étrangère pour les Flamands. La popularité de la langue entre les deux est compréhensible lorsqu’on se rend compte qu’une grande partie des Flamands ne se sentent pas à l’aise, consciemment ou non, de parler le néerlandais généralisé. 

Le rôle de la langue dans la politique identitaire 

En Flandre, la langue est devenue une composante importante de l’identité flamande et un point de discorde majeur entre les partis politiques. L’ancien et l’actuel gouvernement flamand, dominé par la Nouvelle Alliance Flamande (N-VA), un parti nationaliste conservateur, utilisent les services publics de radiodiffusion flamands pour diffuser l’identité flamande. Ils se concentrent ainsi sur la promotion du néerlandais généralisé en tant que facteur de connexion sociale entre tous les Flamands. Ce point de vue remonte à l’ADN du parti politique, dans lequel le néerlandais généralisé est considéré comme le bien le plus élevé qui puisse être atteint. Le lien entre langue et identité est bien établi parmi les sociolinguistes et plutôt que de se concentrer sur deux notions statiques, ils affirment que les deux fonctionnent dans un continuum dynamique. Ainsi, une plus grande diversité sociale dans l’identité flamande devrait se traduire par une plus grande diversité linguistique, laissant une place considérable aux dialectes et à la langue entre les deux. Par conséquent, la volonté politique de créer une identité commune par l’utilisation d’une certaine langue peut avoir des ambitions, mais elle est très difficile à réaliser. En Belgique, l’identité est essentiellement une question de politique de parti et où seule une petite minorité de sa population souhaite appartenir à une communauté indépendante ou confédérale avec une culture linguistique rigide. 

Comme le décrit Bart de Wever, le chef du parti de la N-VA, dans ce livre Sur l’identité (Over Identiteit), la faiblesse de la Belgique est le décalage entre le désir subjectif d’appartenir à la Belgique et le fait objectif que le pays ne possède pas de langue, de médias, de partis politiques ou d’universités véritablement nationaux. Cela entraîne inévitablement un risque de séparation entre les communautés linguistiques et, partant, les gens. Cependant, plutôt que de créer les conditions permettant de surmonter ces différences, l’élite politique belge n’a guère entrepris de combler ce fossé. Elle a plutôt choisi de suivre la voie de la régionalisation, qui consiste à transférer des (parties de) fonctions essentielles de l’État aux différentes régions et communautés. Si ce système s’est avéré efficace à plusieurs reprises, notamment pendant les cinq cent quarante et un jours sans gouvernement fédéral en 2010-2011, la question se pose de savoir si la structure actuelle de l’État belge a atteint ses limites.           

La politique identitaire a dominé la politique belge au cours des dernières années sous la forme du débat sur la migration et la politique de réintégration et il est probable qu’elle continuera à le faire. Les dernières élections européennes, fédérales et régionales de mai 2019 ont abouti à la victoire du parti populiste de droite, le Vlaams Belang. Avec la N-VA, le parti politique a presque obtenu la majorité absolue au Parlement flamand. Les deux partis aspirent à une identité flamande forte, à l’utilisation du néerlandais généralisé et envisagent finalement, respectivement, une Flandre indépendante et une Belgique confédérale comme réponse au manque d’identité belge. Toutefois, l’élite politique qui prône la diffusion du néerlandais généralisé dans le système éducatif ou le paysage médiatique flamand, est un promoteur actif du pluralisme linguistique, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de la langue néerlandaise. Au niveau flamand et fédéral, le gouvernement et les députés néerlandophones ne parlent souvent pas le néerlandais généralisé dans leur travail quotidien. 

Ce que l’avenir nous réserve reste un mystère mais ce qui est sûr, c’est que le multilinguisme ne doit pas être considéré comme un problème mais comme un atout. Non seulement il offre davantage de possibilités sur le marché du travail, mais il facilite surtout la communication interne entre et parmi les Belges.

Un navire à la recherche d’un capitaine et d’une direction

En tant que région, la Flandre dépend en fin de compte du navire fédéral pour de nombreuses questions, telles que la sécurité, la défense et les (grandes parties des) soins de santé. Elle a donc tout intérêt à contribuer positivement à la formation d’un nouveau gouvernement fédéral. Au cours des dernières décennies, elle a systématiquement remplacé ce qui est traditionnellement considéré comme des fonctions typiquement fédérales. La politique étrangère et, étroitement lié à celle-ci, un réseau (para)diplomatique en sont des exemples. À ce jour, le gouvernement flamand est représenté dans quatorze pays, et a récemment ajouté le Danemark à sa liste. Toutefois, les solutions régionales ne peuvent pas remplacer fondamentalement le manque actuel de volonté politique d’apporter des solutions structurelles au problème existentiel de la Belgique. Paradoxalement, chaque parti politique reconnaît que la structure étatique actuelle, y compris l’asymétrie entre les différentes régions et communautés, ne fonctionne pas bien et est très inefficace. Une illustration récente constitue la manière belge de lutter contre la pandémie de Covid-19. Avec pas moins de neuf ministres de la santé prêts à maintenir le virus hors des frontières (communautaires), le fédéralisme belge a une fois de plus fait preuve de son caractère kafkaïen. 

La manière de procéder dépend de la rapidité avec laquelle l’élite politique reviendra à ce pour quoi les Belges sont connus au niveau international : l’art du compromis. La raison pour laquelle les hommes politiques de tout l’éventail politique flamand et wallon semblent avoir oublié cette compétence tient, entre autres, au fait qu’ils ne sont pas politiquement responsables au-delà des frontières linguistiques internes. Le système électoral belge est organisé de telle manière qu’il ne permet pas de présenter des candidats électoraux interrégionaux et des listes idem. En conséquence, les partis politiques sont contraints de se régionaliser, n’ayant souvent rien de moins qu’un lien pro forma avec leur homologue de l’autre côté de la frontière linguistique. En outre, les hommes et femmes politiques refusent souvent de donner des interviews ou de participer aux débats diffusés à la télévision en dehors de leur circonscription. C’est pourquoi les journalistes ont l’habitude d’interviewer des hommes politiques en se rendant dans les studios des différents médias linguistiques.  

La voie à suivre : construire des ponts de compréhension mutuelle

Ce que l’avenir nous réserve reste un mystère mais ce qui est sûr, c’est que le multilinguisme ne doit pas être considéré comme un problème mais comme un atout, comme le soutiennent de nombreuses études internationales. Non seulement il offre davantage de possibilités sur le marché du travail, mais il facilite surtout la communication interne entre et parmi les Belges. Si l’importance de l’anglais est largement acceptée en Belgique, le niveau de néerlandais et de français de nombreux étudiants dans le pays est susceptible d’être amélioré. L’auteur en a fait l’expérience directe, étant originaire d’un quartier où la connaissance du français est parfois quasi inexistante. En Flandre, tout effort visant à améliorer la compréhension mutuelle devrait être encouragé. Cependant, l’utilisation généralisée de la langue entre les deux sous toutes ses formes est un fait qui ne doit pas être négligé. Elle doit plutôt être reconnue comme une réponse à un besoin linguistique en Flandre. Par conséquent, tout gouvernement qui veut concilier différentes langues, dialectes ou tout ce qui se trouve entre les deux, doit prendre en compte une grande dose de – ce que la future rectrice Federica Mogherini appellerait – pragmatisme (fondé sur des principes).

Le rôle de l’éducation à cet égard ne peut être sous-estimé. Dans un monde toujours plus globalisé où nous avons plus de possibilités que jamais, le multilinguisme est un atout important que nous devrions encourager. Un aspect important à cet égard est l’acquisition des compétences nécessaires pour se comprendre au sein d’un même pays. En Flandre, cela s’est traduit par l’obligation d’apprendre le français à partir de la cinquième année (dix ans) de l’école primaire jusqu’à la dernière année de l’école secondaire. La communauté Wallonie-Bruxelles a opté pour une recommandation, n’imposant pas une langue étrangère à ses élèves. L’enseignement supérieur ne doit pas être exempté de cet effort et constitue également la base multilingue des dirigeants de demain. L’impasse politique actuelle de la Belgique, marquée par un gouvernement intérimaire minoritaire et une communication limitée au-delà des frontières linguistiques, prouve que le véritable leadership dans un pays surréaliste ne commence pas avec cinq minutes de courage politique mais avec la recherche d’une langue pour se comprendre.  

Belgian, Dutch or Flemish? Searching for a Lingua Franca in Multilingual Flanders

Trying to understand Belgium is a complex exercise. The country is special in many ways, for instance for choosing a small peeing guy as one of its national symbols, breaking the world record for the longest period without a government and having a state structure that requires advanced political or legal studies to understand. With its 3 regions (Flemish, Walloon and Brussels-Capital), 3 communities (Flemish, French and German-speaking), and 3 official languages (Dutch, French and German), Belgians live in a unique multilingual federal system. The (mis)communication – or lack of communication – between the different linguistic communities is a source of many problems, not at least a natural ignorance what happens beyond language borders. As a compromise, some people use English to communicate with those originating from other language communities. A famous example in this regard is the Red Devils, Belgium’s national football team. This contribution will focus on Flanders and the quest of its citizens finding a language to communicate among themselves and with people originating from other Belgian communities.  

Between dialect and standard Dutch

An important contributor to the difficult linguistic situation in Belgium is Flanders (Vlaanderen). The monolinguistic region and community geographically in the north of the country counts over 6.5 million inhabitants. It is generally (inadequately) distinguished from the other Belgian communities and regions by its language. Flemish people, referring to as the people living in Flanders, officially speak Dutch. However, many people refer to Flemish as describing the official language of Flanders rather than Dutch. Hereby, they focus on the difference in accent between the language spoken in Flanders and the Netherlands. Constitutionally speaking, such distinction is not pertinent as the official language is referred to as Dutch and both territories share the same standard language. In practice, many people learning Dutch face considerable difficulties understanding the local population of a particular town, city or province. This can be explained by the presence of two linguistic variants of Dutch: dialects and the so-called intermediate language (tussentaal). 

The intermediate language is a typical Flemish phenomenon and concerns a language register situated between the traditional dialects and standard Dutch. In the nineties, it started as the language used in informal conversations. Today, it is a widespread supra-regional informal language that is used in a wide variety of formal and informal contexts. The move towards the intermediate language is traditionally looked upon with much suspicion. However, it should be regarded as a logical intermediate step in the evolution from local dialects to standard Dutch. As in many countries, the demographic and sociological changes of recent decades have brought major changes, such as the general use of language by the Flemish population. Not only did Flanders evolve from a rural region into a very urbanized and densely populated one, but it also created the conditions for its citizens to travel easily to other parts of the region and beyond. As a result, the younger generations no longer feel the need to continue speaking the local dialect adhered to by the previous generations. 

In Flanders, language has evolved into an important component of the Flemish identity and a major party-political point of contention.

However, many Flemish people also feel no affinity with the standard Dutch. In contrast to other languages, Dutch has historically developed in writing rather than orally. The lack of historical standard-setting regarding the Dutch language results is a general better knowledge of written Dutch at the expense of the oral equivalent. Also, people associate standard Dutch with something that forced upon them through the 20th– century standardization process rather than a language that has organically grown over time. Paradoxically, Dutch is, at least partially, a foreign language for the Flemish people. The popularity of the intermediate language is understandable when realizing that a big part of the Flemish people does not feel comfortable, whether consciously or not, with speaking standard Dutch. 

The role of language in identity politics 

In Flanders, language has evolved into an important component of the Flemish identity and a major party-political point of contention. The previous and the present Flemish government, dominated by the conservative-nationalistic New Flemish Alliance (N-VA), uses the Flemish public service broadcasting to disseminate the Flemish identity. Hereby, they focus on the promotion of standard Dutch as a socially connecting factor between all Flemish people. This point of view can be traced back to the DNA of the political party, in which the standard Dutch is seen as the highest achievable good. The link between language and identity is well-established among sociolinguists and rather than focusing on two static notions, they contend that both operate in a dynamic continuum. As such, more social diversity in the Flemish identity should translate into more linguistic diversity, leaving considerable space for dialects and intermediate language. Therefore, the political will to create a common identity through the use of a certain language may have aspirational ambitions but is very difficult to achieve. In Belgium, identity is very much a party-political issue and only a small minority of its population wants to belong to an independent or confederal community with a rigid linguistic culture. 

As Bart de Wever, the party leader of the N-VA, describes in this book About Identity (Over Identiteit), Belgium’s weakness is the discrepancy between the subjective desire to belong to Belgium and the objective fact that the country does not possess a truly national language, media, political parties or universities. This inevitably brings a risk of separation between linguistic communities and, hence, people. However, rather than creating the conditions to overcome these differences, the Belgian political elite has undertaken little to close this gap. Rather, they have chosen to walk the path of regionalization, in which (parts of) essential state functions are transferred to the different regions and communities. While this system has proven to be successful on several occasions, most notably during the 541 days without a federal government in 2010-11, the question poses whether the current Belgium state structure has reached its limits.           

Identity politics has dominated Belgium politics during the last years in the form of the migration debate and reintegration policy and it will likely continue to do so soon. The past European, federal and regional elections in May 2019 resulted in a victory for the right-wing populist party Vlaams Belang. Together with N-VA, the political party almost obtained an absolute majority in the Flemish parliament. Both parties strive for a strong Flemish identity, the widespread use of standard Dutch and ultimately envisage, respectively, an independent Flanders and a confederal Belgium as the answer to a lack of Belgian identity. However, the political elite advocating for the spread of standard Dutch in the Flemish educational system or media landscape, is an active promotor of linguistic pluralism, both within and beyond the Dutch language. On the Flemish and the federal level, the government and the Dutch-speaking members of parliament often fail to speak standard Dutch in their day-to-day work. 

What the future will bring remains a mystery but what is sure is that multilingualism should not be seen as a problem but as an asset. Not only does it give people more opportunities in the labour market, it especially facilitates internal communication between and among Belgians.

A ship in search of a captain and a direction

As a region, Flanders is ultimately dependent on the federal ship for many issues, such as security, defence and (big parts of) healthcare. Hence, it has the self-interest to contribute positively to the formation of a new federal government. In the last decades, it has systematically replaced what is traditionally regarded typically federal functions. Examples are foreign policy and, closely related, a (para)diplomatic network. To date, the Flemish government is represented in 14 countries, recently adding Denmark to its list. However, regional solutions cannot fundamentally replace the current lack of political will to provide structural solutions for Belgium’s existential problem. Paradoxically, every political party recognizes that the current state structure, including the asymmetry between the different regions and communities, does not function well and is highly inefficient. A recent illustration constitutes the Belgian way of fighting the Covid-19 pandemic. With no less than 9 health ministers ready to keep the virus out of the (community) borders, Belgian federalism proved itself once again Kafkaesque. 

How to proceed depends on how quickly the political elite will return to what Belgians are known for internationally: the art of compromise. The reason why politicians across the entire Flemish and Walloon political spectrum seem to have forgotten this skill can be traced to, amongst others, the fact that they are not politically accountable across the internal language borders. The Belgian electoral system is organized in such a way that it does not allow for cross-regional electoral candidates and idem ditto lists. As a result, political parties are forced to regionalize, hereby often having nothing less than a pro forma connection with their counterpart across the language border. Furthermore, politicians often refuse to give interviews to or participate in debates broadcasted on television outside their constituency. This has resulted in the practice of journalists interviewing politicians on their way to the studios of different linguistic media.  

The way forward: building bridges of mutual understanding 

What the future will bring remains a mystery but what is sure is that multilingualism should not be seen as a problem but as an asset, as contended by numerous international studies. Not only does it give people more opportunities in the labour market, it especially facilitates internal communication between and among Belgians. While the importance of English is widely accepted in Belgium, the Dutch and French level of many students in the country is subject to improvement. The author has experienced this first-hand as being from a neighbourhood in which the knowledge of French is sometimes poor. Within Flanders, every effort towards improving the understanding of one another should be encouraged. However, the widespread use of the intermediary language in all its forms is a fact that should not be neglected. Instead, it should be recognized as being a response to a linguistic need within Flanders. Therefore, any government that wants to reconcile different languages, dialects or everything in between, needs to take into account a big dose of – what prospective rector Federica Mogherini would refer to as – (principled) pragmatism. 

The role of education in this regard cannot be underestimated. In an ever-globalizing world in which we have more opportunities than ever, multilingualism is an important asset that we should foster. An important aspect hereof is acquiring the skills to understand one another within the same country. The Flemish community has translated this need into an obligation to learn French from the 5th grade (age of 10) in elementary school until the last year of secondary school. The French community has opted for a recommendation, not imposing a foreign language upon its students. Higher education should not be exempted from this effort and equally form the multilinguistic basis of tomorrow’s leaders. The current Belgian political deadlock, marked by a minority interim government and limited communication across the language borders, proves that true leadership in a surrealistic country does not start with 5 minutes of political courage but with the search of a language to understand one another. 

Published by LA REGIONISTO

La Regionisto focuses on regional economic, political or cultural issues. Its aim is to enable everyone to deepen their curiosity for various regions of Europe and beyond, in a classic or fun way. We welcome articles written in any language and from any approach!

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